Baby Ubik (fuck Haters)
Baby Ubik (fuck Haters) explore dans une performance la condition paradoxale de l’individu contemporain, immergé dans un monde où chaque geste, chaque pensée, chaque image peut être projeté instantanément aux quatre coins de la planète. Les réseaux sociaux ont créé une forme d’ubiquité accessible à tous : nous devenons visibles partout, tout le temps, comme des divinités miniatures capables de se multiplier à l’infini à travers nos écrans.
Mais cette puissance apparente s’accompagne d’une fragilité extrême. Derrière l’aura numérique, il y a la chair, vulnérable. Un simple commentaire, une insulte anonyme, une menace lancée depuis l’ombre d’un avatar peuvent frapper le corps comme un coup réel. C’est ce paradoxe qui m’intéresse : cette violence désincarnée qui, pourtant, marque physiquement ceux qui la reçoivent. Des inconnus que nous ne rencontrerons jamais ont le pouvoir de blesser, d’altérer notre perception de nous-mêmes, de fissurer l’intime.
La performance traverse ce chemin : celui du choc, de la blessure, de l’effondrement parfois. Mais elle ne s’arrête pas là. Elle raconte aussi la reconquête, la résistance qui naît lorsque l’on refuse d’être réduit à ces attaques. Elle propose un passage de la vulnérabilité à l’affirmation, du tremblement à la libération. Dire non. Reprendre son espace. Revenir à son corps, à sa présence, à sa propre parole.
Baby Ubik (fuck Haters) est donc une traversée : de la multiplication numérique à la redécouverte de la singularité physique, de l’exposition permanente à la reconquête de soi.
Cette performance a été créée pour « le festival international de performance « MODAPERF au CAMLEROUN. « Les Ateliers Frappaz poursuivent leur engagement aux côtés du festival des Mouvements, de la danse et de la performance (Modaperf). Sa septième édition se déroule, du 26 au 30 novembre 2025, au Cameroun.
La manifestation, conçue autour du thème « Cultiver l’union », se déploie dans la ville de Dschang (villages et ses environs). Elle accueille, durant quatre jours, des représentations dans les quartiers, les rues, les marchés, les cours du village, les forêts, les carrefours, les instituts, alliances et musées d’arts. Modaperf invite à la formation, à la transmission, au renforcement des capacités, à la réflexion et aux rencontres professionnelles. En savoir plus
Cette année, le festival invite, en complicité avec les Ateliers Frappaz, l’artiste, performeuse et metteuse en scène Karelle Prugnaud.
Les Ateliers Frappaz réaffirment leur soutien à la création contemporaine à l’international et s’associent à cette manifestation essentielle à la circulation des savoirs.
À propos de Modaperf
Le festival, créé en 2017, est forte de six éditions. Ses intentions sont de formuler des manifestation au diapason des préoccupations de la jeunesse camerounaise, de saisir l’urgence artistique, de renforcer le dialogue entre les artistes, les partenaires (instituts et lieux interculturels), les acteurs culturels avec la société civile. Modaperf est initié par l’artiste, danseur et chorégraphe Zora Snake.